F.E.A

Informations sur les manifestations OVNI et leurs implications sur notre société. Des articles de synthèse, des témoignages, des documents, des vidéos, des enregistrements radio...

01 juin 2007

Une Technologie Française qui détecte les satellites secrets

Depuis mai 2007, les capacités de la France en matière de détection d'objets stationnés en basse orbite, sont bien ennuyeuses pour nos alliés d'outre atlantique. Plus question de révéler les positions des satellites français sans répercussions immédiates. Mais, cette technologie est-elle capable de détecter aussi les objets furtifs comme le proposait le projet de Monsieur François Louange, ex-directeur de Fleximage ?

Coup de maître de la DGSE contre les satellites américains

Branle-bas de combat au Pentagone et à la Maison Blanche. Il y a de quoi : Depuis le 8 juin dernier les espions français ont découvert le moyen de recouvrer les positions des satellites espions américains. Un coup de maître longtemps réfléchi par nos militaires, en effet, depuis le début de l’année 2007, un programme secret de la DGSE permet à l’aide d’un système performant, de découvrir avec précision – et de les suivre – la majorité des satellites militaires américains. La DRM (direction du renseignement militaire) et la DGSE travaillent de concert avec l’armée de l’air sur le système GRAVES, un système radar français de surveillance de l'espace mis à la disposition de l'armée de l'air depuis décembre 2006 mais dont l’exploitation opérationnelle rémonte à quelques mois seulement.

 C’est depuis notre territoire national qu’opère le nouveau système de radar inventé par les ingénieurs de l'Office national d'études et recherches aérospatiales (Onera). Il est installé sur deux points du territoire, l'un dans l'est de la France, l'autre sur le Plateau d'Albion. Le jeu d’échec du renseignement spatial prend une toute autre tournure depuis que la petite équipe a détecté une trentaine de satellites de l’armée américaine gravitant sur orbite dite « basse » autour de la terre ne figurant pas dans le catalogue officiel du Pentagone.

 « C’est une victoire majeure pour la France, cette découverte va permettre aux généraux français de mettre la pression sur leurs homologues américains afin d'obtenir de leur part qu'ils cessent de publier la position de nos propres satellites. » confirme un spécialiste du dossier qui tient à son anonymat.

L'inventaire du Pentagone est un index régulièrement actualisé, un outil de travail pour tous ceux qui s’intéressent au domaine de l’espace mais qui n’inclut pas les satellites dits à usage sensible…de l’armée américaine ! Toutefois, il indique clairement la position des satellites sensibles français exploités par l’armée française pour le compte de la DRM ou la DGSE.

Du coup, la France lançait en juin dernier un signal d’avertissement au Pentagone via le Colonel Yves Blin, l’un des chefs du bureau Espace à l'État-major français des Armées « nous avons discuté avec nos homologues américains des premiers résultats positifs de GRAVES et nous avons souligné les contradictions entre ce que nous avons trouvé et ce que contient l’index du département de la défense concernant les satellites».

Les Américains sont prévenus, les militaires français font état d’une menace à peine voilée « nous ne communiquerons pas les positions de vos satellites si vous arrêtez de publier les coordonnées des nôtres ». Depuis ce coup de poker totalement maîtrisé, la France mène des négociations solides face aux américains, et le système GRAVES continue de détecter des satellites espions américains à plus de 1000 Km d’altitude. Une source à la DGSE qui est l’instigateur d’un article dans un magazine américain nous confirme que l’avancée des négociations n’est pas vaine « maintenant, nous sommes au même point de force, la balle est au milieu, soit ils négocient, soit nous publierons les résultats, nous sommes prêts à le faire, et ce, très rapidement ». 

Surveiller l’espace, un impératif de souveraineté

9 000 objets d’une taille supérieure à 10 centimètres, dont près de 800 satellites actifs, orbitent autour de la Terre. Beaucoup d’entre eux survolent la France quotidiennement, parmi lesquels certains constituent une menace pour la confidentialité et la sécurité d’informations stratégiques militaires et civiles. Tout au long de leur orbite les satellites sont soumis à des risques de collisions. Pour faire face à ces menaces, la France s’est dotée du système de veille spatiale GRAVES.

GRAVES est l’unique système de veille des orbites basses en Europe. Il est opéré par le Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes (CDAOA).

Le système GRAVES démontre son efficacité

Développé par l’ONERA sous contrat de la délégation générale pour l’armement (DGA), le système GRAVES est constitué d’un radar spécifique associé à un système de traitement qui assure en toute autonomie la création et le maintien à jour d’une base de données des paramètres orbitaux des satellites. Le système GRAVES est capable de détecter des objets d’une taille au moins égale à celle d’un microsatellite (équivalent à une surface d’au moins un mètre carré), évoluant à une latitude supérieure à 35° et à une altitude comprise entre 400 et 1000 km et d’en fournir l’orbite. Une fois qu’un objet est catalogué, le système indique où il se trouvera dans les jours qui suivent. Depuis sa mise en service, GRAVES a répertorié et suit plus de 2 200 objets. Parmi eux se trouvent plusieurs dizaines de satellites, jugés sensibles, qui passent au-dessus de la France, pour lesquels aucune information n'existe.

GRAVES permet de détecter des événements tels que :
• La présence d’un satellite
• L’arrivée d’un nouveau satellite
• Une manoeuvre de satellite
• La disparition d’un satellite

La détection de ces événements élémentaires associée à la base de données orbitographiques permet aux opérateurs d'analyser des événements plus complexes :

- Exemple d’événement élémentaire: anticipation du survol d'une zone, prévision de rentrée atmosphérique, manoeuvre.

- Exemple d'événement complexe : une explosion de satellite se traduira par la détection de sa disparition, la naissance de nouveaux débris issus de ce satellite, dont les trajectoires cohérentes permettent de déterminer l'origine.

La caractérisation des événements part de l’analyse de la base de données des objets et de leurs trajectoires fournie par le système GRAVES. A lui seul, GRAVES ne permet pas d’identifier un satellite, c’est-à-dire de préciser son origine et sa mission. Des études sont en cours afin de se doter de moyens complémentaires pour améliorer cette identification, fonction pour laquelle la connaissance de la position des satellites reste de toute façon un préalable indispensable.

Un démonstrateur devenu un système opérationnel

Le projet a démarré en 1992 avec la notification par la DGA d’une étude de définition du système. L’objectif était alors de développer une maquette probatoire, la réalisation du système définitif devant être confiée à l’industrie. En 1997, après le choix des sites d’émission et de réception puis de l'obtention des autorisations, la réalisation de la maquette a pu démarrer, avec deux panneaux d’émission.

En 1998, l’ONERA, dans un souci d'économie a démontré qu’avec seulement quatre panneaux d’émission, le système GRAVES serait en mesure de remplir son cahier des charges. Par ailleurs, le Centre d’Expertises Aériennes Militaires (CEAM) a étudié le démonstrateur, qu’il a déclaré apte pour un service opérationnel.

Après une période de consolidation du dossier, la DGA a notifié le contrat pour l’extension à quatre panneaux en mars 2002. Les campagnes de test du système complet ont eu lieu en décembre 2004, puis durant l’été 2005. GRAVES a été livré à son utilisateur final, l’armée de l’air, en décembre 2005.

Depuis, GRAVES fonctionne 24 heures sur 24 pour un coût de maintenance minimum et un excellent taux de disponibilité. « Au final, GRAVES a été livré dans le respect du cahier des charges, du délai et du budget prévu. Outre sa capacité à innover pour répondre aux besoins exprimés, l’ONERA a fait preuve d’une capacité d’écoute et d’une souplesse remarquables. Au fur et à mesure que le projet avançait, la DGA et nous-mêmes pouvions émettre des remarques. Elles étaient systématiquement prises en compte et transformées en actions », affirme le chef de la division « surveillance de l’Espace » du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

Un concept innovant et efficace

L’objectif prioritaire était de répondre à la mission de surveillance de l’Espace - avec un système à bas coût, tant en termes de développement que de maintenance. Pour obtenir une efficacité maximale, deux contraintes supplémentaires ont été retenues : d’une part, un délai de détection de 24 heures a été fixé pour tout satellite passant au dessus de la France ; d’autre part, les mesures collectées doivent assurer la détermination de l’orbite dès le premier passage. L’originalité du système GRAVES reposesur une architecture selon laquelle l’essentiel de la mission dépend des traitements orbitographiques et non du capteur.

 Les éléments clés du concept GRAVES sont :


• Un radar bistatique fabriqué avec des composants du commerce, qui lui confèrent fiabilité et facilité de maintenance. La performance repose sur un traitement du signal évolué, qui requiert toute la puissance d’un calculateur temps réel dédié, d’une puissance de 60 Gflops.

• Des antennes émettent un signal continu à basse fréquence dans un secteur angulaire donné de l’espace, sur le site d’émission, situé à Broye-les-Pesmes, près de Dijon,. Distant de près de 400 km, le système de réception, basé sur le plateau d’Albion, est constitué d'un grand nombre d’antennes omnidirectionnelles. A partir des signaux élémentaires reçus par celles-ci, un faisceau à lobe étroit est produit selon une technique innovante de calcul. Aucun élément mécanique n’est en mouvement. La direction de ce lobe fournit une mesure angulaire de l’objet détecté, alors que le décalage fréquentiel entre les signaux émis et reçus permet d’obtenir une mesure de la vitesse radiale. Ce qui est suffisant pour déterminer une orbite.

• A l'origine du projet, un effort très important a été consacré au développement des logiciels qui assurent la conversion des mesures brutes en une base de données de paramètres orbitaux de façon autonome et automatique, d’où un coût d’exploitation réduit. Cette tâche représentait un challenge technique très ambitieux car, contrairement au système américain qui utilise de nombreux capteurs répartis autour du globe (détection + poursuite), les outils développés pour le système GRAVES traitent des mesures issues d’un seul capteur.

Jean-Paul Ney, Vice-président de la Commission des journalistes de la défense.
Remerciements : Colonel Yves Blin, Matthieu Duvelleroy (DGA), ONERA et le Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes.

Posté par mribardiere à 21:26 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Ce sont désormais les Russes qu'il faut surveiller.Les Américains peut - être mais ils sont nos amis et nos alliés.

    Posté par pablito, 13 octobre 2015 à 11:46

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